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Les maisons de style vernaculaire de l’ère industrielle

Les maisons de style vernaculaire de l’ère industrielle

Ce courant s’inscrit dans le prolongement du style Boomtown des villes champignon. Il se répand un peu partout dans la ville et la banlieue, aussi en milieu rural. Il introduit une maison simple et peu coûteuse, accueillie favorablement par la population et il permet l’accès à la propriété à un plus grand nombre.
Le début du XXe siècle est marqué par une diminution de la croissance du milieu rural tandis qu’on assiste à une explosion démographique en milieu urbain. Les chemins de fer sont installés, l’automobile fait son apparition et le réseau routier se développe dans la foulée de l’industrialisation.
Une nouvelle utilisation de matériaux connus et l’introduction de nouveaux matériaux modifient les modes de construction. Parmi ces changements on compte le bloc de béton moulé et la tôle pressée imitant la pierre de taille à bossage, l’utilisation du goudron dans la fabrication de papier de revêtement extérieur imitant la maçonnerie, l’utilisation du goudron et du papier feutre pour la création de toits plats. Les toits plats vont faire apparaître à leur tour les parapets; les corniches deviendront éléments de décoration et éventuellement disparaîtront par souci d’économie.
Expansion des moulins à scie, mécanisation du travail, machines spécialisées dans la coupe, le façonnement et la sculpture du bois influencent grandement la construction à ossature de bois. La standardisation des pièces de bois est installée à demeure et les pièces de charpente, baguettes, poteaux, colombages, chevrons, solives, madriers font leur apparition. La planche est aussi standardisée allant de la fourrure au lambris. Les longueurs des éléments de bois vont de 6 pieds à 16 pieds. Cette standardisation est un facteur déterminant de la manière de construire, des dimensions des bâtisses, des échéances et des coûts de construction. Par ailleurs les moulures façonnées mécaniquement et les ornements tournés ou découpés mécaniquement contribuent aussi à l’économie de temps et de main d’œuvre.
Le premier modèle de ce type de maison est généralement appelé maison boîte; il est cubique et il est coiffé d’un toit en pavillon. Il sera vite concurrencé par la maison carrée surmontée d’un toit goudronné et la maison rectangulaire à deux étages coiffée d’un toit à deux eaux dont la pente varie de 3 dans 12 à 6 dans 12 environ.
Parmi les caractéristiques les plus marquantes on retrouve :
Parement de brique ou de matériau d’imitation,
Portes vitrées avec mouluration simplifiée et contre-porte,
Fenêtres à guillotine, simples ou jumelées souvent séparées par un trumeau, à grands carreaux avec imposte vitrée et couvrement en arc segmentaires ou linteaux à clé proéminente,
Frontons devant l’entrée principale ou le parapet avant ou le balcon du deuxième étage,
Parapets chantournés,
Parapets décorés
Galerie porche abritée surmontée d’un balcon sur le tiers médian,
Poteaux à consoles chantournées
Matériaux nouveaux; utilisés souvent conjointement aux matériaux qu’ils imitent.
André Serge Blais, architecte
Nomination : 16 maisons proposées

Composition du jury : Robert Ouimet
1er prix « ex-aequo » :
701, boulevard Marie-Victorin
Cette maison représente bien le style vernaculaire semi-rural de l’ère industrielle. Avec sa grande galerie empruntée aux villas victoriennes et une belle grande porte face au fleuve, cette résidence a des allures de villa de campagne. Les caractéristiques traditionnelles sur chacune des faces ont été bien conservées.
L’ornementation des parapets en amiante et tôle imitant l’ardoise est intéressante. La cohabitation de matériaux authentiques et d’autres les imitant (dans ce cas la brique) correspond bien à l’esprit des maisons de cette génération. La grande galerie a conservé son planchéiage intérieur, ce qui est rare. Ces atouts lui confèrent toute l’authenticité historique.
L’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti est des plus justes.
La qualité de l’enveloppe et des matériaux a été bien conservée par des interventions efficaces. Cette maison est très bien entretenue. La brique est en bon état bien qu’il s’agisse en grande partie d’une brique de remplissage à la manière de son époque. Il en va de même pour le planchéiage, les boiseries et les matériaux d’imitation des parapets et du garde-corps de la galerie.
62, rue De Montbrun
Le caractère traditionnel est bien conservé tout autour de la maison, remarquable exemple de vernaculaire urbain de l’ère industrielle.
L’authenticité historique est bien respectée. L’ornementation du parapet avant est belle et correspond bien à l’esprit des maisons de cette génération. La grande galerie avec ses colonnes imposantes est intéressante et chaleureuse.
L’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti est respectée.
Cette maison est très bien entretenue. La brique est en bon état et les joints de la brique d’origine sont particulièrement intéressants; ils sont extrêmement minces et le mortier est coloré pour harmoniser la couleur des briques. L’ensemble de l’exécution des travaux à l’origine est excellent de même que les réparations survenues au cours des années. La qualité de l’enveloppe et des matériaux est à souligner.
3e prix : 50, de Grosbois
Cette maison est un bel exemple de vernaculaire de l’ère industrielle en bois qui représenté une belle transition avec le Boomtown de l’ère précédente. Le caractère traditionnel est très bien conservé tout autour.
L’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti est respectée. L’authenticité historique est mise en valeur.
La qualité de l’enveloppe et des matériaux est très bonne. Cette maison est très bien entretenue. Les planches cornières arrondies, sa fine balustrade ponctuée d’une colonnade bien équilibrée et sa planche à clin étroite lui confèrent beaucoup de présence et d’allure. Les boiseries témoignent d’une grande précision d’exécution. Dans l’ensemble, l’exécution est excellente et particulièrement dans le cas de la balustrade.
Mentions : 16, De Montbrun
Le caractère traditionnel est très bien conservé tout autour de la maison. Cette maison est un bel exemple de vernaculaire urbain de l’ère industrielle. L’authenticité historique est respectée. Ses acrotères, sa grande véranda en façade ornée de verre coloré et surmontée d’un balcon abrité lui donne tout son charme.
L’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti est respectée. La qualité de l’enveloppe et des matériaux est très bonne. Cette maison est bien entretenue. Le verre étiré de la véranda est aujourd’hui très rare. La brique et les boiseries sont en très bon état et témoignent des soins apportés à cette maison.
L’ensemble de l’exécution des travaux d’origine est très bon. Nous remarquons ici un bel exemple de joints tirés à la baguette qui sont impeccables.
462, Samuel-Provost
Bel exemple de vernaculaire urbain de l’ère industrielle. La grande galerie protégée marquée d’un fronton triangulaire, destiné à empêcher les eaux de pluie de tomber sur l’escalier est remarquable. Les colonnes à section carrés, son garde-corps et son escalier d’époque rappellent les ordres classiques et donnent beaucoup de présence à cette maison. Cet ensemble de détails bien intégrés contribuent à lui conférer son caractère traditionnel.
L’authenticité historique est respectée de même que l’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti.
La qualité de l’enveloppe et des matériaux est très bonne. Cette maison est très bien entretenue. La brique est de très belle qualité et en bon état. Il en va de même pour le planchéiage, les boiseries et le crépi du mur de fondation qui imite la pierre de taille. La qualité de l’exécution des éléments d’origine est très bonne et fait honneur à la dextérité des ouvriers de la première heure.
56, De Montbrun
On a fait ici un effort louable pour conserver à cette maison une caractéristique importante, l’insertion de vitraux dans les impostes de fenêtres. C’est un bel exemple de vernaculaire urbain de l’ère industrielle. Le caractère traditionnel est bien conservé en avant et sur les côtés de la maison.
L’authenticité historique de la façade est en grande partie sauvegardée dans l’appareillage de brique et par le garde-corps du balcon particulièrement intéressant. L’harmonie avec le milieu naturel et le milieu bâti est respectée.
La qualité de l’enveloppe et des matériaux est très bonne. Cette maison est bien entretenue. La brique d’origine est de grande qualité. L’ensemble des travaux d’origine furent bien exécutés. Le travail de maçonnerie initial fait honneur également à la dextérité des ouvriers de la première heure.