2010 – Hommages à M. Georges Signori et M. Jacques Castonguay

Prix Nicole-Racicot Saia

La Société du patrimoine de Boucherville a profité de l’année 2010 pour célébrer le 10e anniversaire de son activité « Mérite patrimonial ». À cette occasion elle a rendu hommage à deux pionniers qui ont permis la conservation de deux joyaux du patrimoine à Boucherville.

La Société a salué la contribution de Monsieur Georges Signori qui a été l’âme de la réfection de l’orgue Casavant. À son dire, Boucherville possède : un orgue de cathédrale dans une acoustique de cathédrale.

La Société a aussi célébré la contribution du président de La Fabrique de la paroisse Ste-Famille de l’époque, Monsieur Jacques Castonguay. Par ses efforts constants et sa planification minutieuse, il a su convaincre les membres du Conseil de fabrique de l’appuyer dans les phases importantes de la rénovation de l’église patrimoniale.

Hommage à Monsieur Georges Signori

Un des nouveaux trésors des plus remarquables et déjà hautement réputé de l’église Sainte-Famille, est sans conteste l’orgue à traction mécanique de la Maison Casavant. Installé en 1996, il fut inauguré lors d’un concert à la fin de septembre de la même année, par Pierre Grandmaison, organiste titulaire de la Basilique Notre-Dame de Montréal.

Monsieur Signori, nous vous rendons hommage, non seulement comme titulaire émérite des orgues de Boucherville depuis 44 ans, mais, et c’est ce que nous voulons souligner ce soir, comme étant le véritable passeur de l’ancien instrument au nouvel orgue. C’est à ce titre que vous avez coopéré au projet de création du nouvel orgue avec monsieur Jacquelin Rochette, directeur artistique de la Maison Casavant.

C’est vous qui avez vu à la démolition ainsi qu’à la récupération de deux jeux très mélodieux de l’ancien orgue Warren datant de 1847. Tout au long de cet exercice, vous avez fait preuve d’une grande expertise et d’une infatigable disponibilité.

Votre connaissance parfaite de l’instrument, ajoute à vos talents de musicien, une compétence inégalée pour son entretien, dont vous vous chargez avec une constance exemplaire autant qu’insoupçonnée.

Vos relations dans le monde de l’orgue ont favorisé la venue de nombreux organistes qui ont apprécié notre Casavant et lui ont forgé ses lettres de noblesse. Olivier Latry, organiste de la cathédrale Notre-Dame de Paris ne vous disait-il pas en 1997 : « C’est un orgue de cathédrale dans une acoustique de cathédrale » ? Compliment venu d’un des plus grands.

Vous êtes un homme dont l’expertise conjuguée à des qualités personnelles de persévérance, de détermination et d’engagement ont permis à tous les artisans du projet de mener cette aventure jusqu’à son accomplissement artistique le plus réussi.

C’est beaucoup grâce à vous, cher et modeste M. Signori, que depuis bientôt quinze ans, nous pouvons avec tant de bonheur, profiter de ce joyau musical, et nous enorgueillir de sa réputation. Nous vous en remercions chaleureusement.

Ainsi, pour souligner votre contribution à l’enrichissement de notre trésor patrimonial et à son rayonnement, nous vous remettons le Mérite patrimonial Nicole-Racicot-Saia.

Texte écrit par Suzanne Binet, membre du Comité du Mérite Patrimonial.

Hommage à Monsieur Jacques Castonguay

Boucherville compte une des plus intéressantes concentrations de bâtiments patrimoniaux de la plaine de Montréal, sans doute modeste à l’échelle mondiale, mais riche pour le Québec, car elle parle de nous, de ce que nous avons été, de ce que nous sommes. L’église Sainte-Famille en est la pièce maîtresse.

Cette église, c’est vous Monsieur Castonguay, qui en assumez la garde depuis près d’une décennie : non pas cette garde passive qui n’empêche pas le patrimoine de péricliter, malgré les vœux les plus pieux, mais cette garde active et vigilante qui détecte, évalue, planifie, supervise, coordonne, harmonise, motive, assure le suivi, garantit l’avenir…

On juge une entreprise à ses résultats. Les résultats sont là qui parlent. Et ils parlent éloquemment. On juge l’artisan à son œuvre.

Pour l’accomplir cette œuvre, il vous aura fallu consistance et persistance, prendre la relève d’un prédécesseur, préparer le terrain à un successeur. Vous aurez été sollicité par des questions qui vous auront mené de la terre au ciel, du plancher que nous foulons dans l’église, aux colonnettes de la lanterne du clocher, en passant par le toit, le mobilier dont l’orgue. Il n’est pas jusqu’aux archives paroissiales qui n’aient reçu votre attention.

C’est Goethe qui disait de l’architecture qu’elle est une musique pétrifiée. Et c’est un peu grâce à vous que l’église Sainte-Famille chante toujours aussi bien.

Là où d’autres parlent de rapport d’expertise ou d’état des lieux, vous préférez employer l’expression « carnet de santé ». Cela traduit bien la sollicitude avec laquelle vous avez accompli votre mission. Résumant la multiplicité des interventions qui ont requis vos efforts, qu’elles soient d’ordre administratif, technique, économique, artistique, historique… on vous aura entendu dire « Je serais menteur de dire le contraire… mais j’aime ça ». 

On vous a aussi entendu dire « L’hommage qui m’est rendu, c’est un travail d’équipe ». Cela est vrai et cela ne diminue en rien vos mérites, bien au contraire. Cette équipe se renouvelant sans cesse à travers le temps, il lui fallait un chef d’orchestre. Nous vous sommes aussi redevables de cela. Les choses ne doivent pas seulement s’additionner les unes aux autres, elles doivent s’intégrer. Une célèbre boutade de Churchill nous le rappelle, qui définissait le chameau comme « un cheval dessiné par un comité ». Avec l’église dans l’état où elle est aujourd’hui, c’est un peu sang que vous nous léguez.

Il est rare que l’hommage précède l’accomplissement. C’est pourtant votre cas. Dans un geste prémonitoire, la Société du Patrimoine de Boucherville apposait à gauche de la façade principale de l’église une plaque commémorative, qui se lit comme suit :

1801-2001. Dans le cadre du bicentenaire de l’église Sainte-Famille, la Société du Patrimoine de Boucherville souligne l’exceptionnelle qualité de la conservation de ce monument historique. Elle reconnaît son influence sur la mise en valeur du patrimoine bâti de notre ville et rend hommage à toutes les personnes qui ont veillé à sa préservation. Ce 28 septembre 2001.

Nul ici mieux que vous, Monsieur Castonguay, ne mérite cet hommage.

Ainsi, pour souligner votre contribution à l’enrichissement de notre trésor patrimonial et à son rayonnement, nous vous remettons le Mérite patrimonial Nicole-Racicot-Saia.

Texte écrit par Guy Trudelle, membre du Comité du Mérite Patrimonial.